Aller au contenu
L'actu jeux vidéo, gaming & tech au Maroc
Gaming

Fin des disques PlayStation : Shawn Layden critique Sony

Sony prévoit de mettre fin aux disques PlayStation à partir de 2028. Shawn Layden, ancien dirigeant de la marque, juge cet abandon total malavisé et met en garde contre ses effets sur les joueurs les plus fidèles.

Fin des disques PlayStation : Shawn Layden critique Sony

Image : jatocreate / Pixabay

La décision de Sony d’abandonner les disques PlayStation à partir de 2028 continue de faire réagir, et une voix pèse plus que les autres : celle de Shawn Layden, ancien dirigeant de PlayStation. Invité la semaine dernière du podcast The Expansion Pass, il a qualifié de malavisée la fin totale du support physique, tout en reconnaissant les avantages du numérique. Selon ses propos, il pointe surtout un risque : s’aliéner une partie des clients les plus attachés à la marque.

Ce que Sony a décidé

Sony a choisi de mettre fin aux disques PlayStation à partir de 2028. L’annonce a suscité de vives critiques dans la communauté. Pour les joueurs, cela signifie qu’à terme, l’achat d’un jeu sur l’écosystème PlayStation passerait uniquement par le téléchargement, sans boîte, sans disque et sans possibilité de revente sur le marché de l’occasion.

Le sujet n’est pas anodin. Ces dernières années, plusieurs éditions physiques se sont déjà réduites à un simple point d’accès vers un téléchargement, comme l’illustre le cas de Final Fantasy 7 Revelation, livré avec un disque clé et un téléchargement. La décision de Sony va plus loin en supprimant le support lui-même.

Shawn Layden : une décision à laquelle il n’a pas pris part

Shawn Layden a pris soin de préciser qu’il n’a pas participé à cette décision chez Sony. Son regard est donc celui d’un ancien responsable qui connaît la maison de l’intérieur, mais qui s’exprime aujourd’hui sans engager l’entreprise.

Il ne rejette pas le numérique pour autant. Layden reconnaît la commodité du téléchargement : pas de déplacement, pas de disque à manipuler, un accès immédiat aux jeux. Ce qu’il conteste, c’est le caractère total de l’abandon du physique, qu’il juge malavisé.

Les 20 % qui comptent

Son argument central repose sur un chiffre. Selon lui, environ 20 % des joueurs n’achètent pas en numérique. Une minorité, certes, mais pas n’importe laquelle :

« Ces 20 % sont extrêmement importants : ce sont les plus fidèles parmi les fidèles. » — Shawn Layden

Autrement dit, en supprimant les disques, Sony prendrait le risque de froisser précisément le public qui achète régulièrement, collectionne et défend la marque.

La question de la propriété au cœur du débat

Au-delà des chiffres, Layden soulève une question de principe qui revient souvent chez les joueurs : possède-t-on vraiment un jeu acheté en numérique ? Pour lui, la réponse tient à la revente.

« Si vous ne pouvez pas revendre une chose, c’est que vous ne la possédez pas. Et si vous ne la possédez pas, qu’achetez-vous ? » — Shawn Layden

Avec un disque, le joueur peut prêter, échanger ou revendre son jeu. Avec une licence numérique, il dépend des conditions fixées par la plateforme. Cette différence, souvent abstraite au moment de l’achat, devient concrète le jour où l’accès à un contenu est remis en cause.

Un précédent qui inquiète

Ce scénario n’est pas purement théorique. Sony a déjà retiré l’accès à des films achetés numériquement. Ce précédent alimente les inquiétudes des joueurs, qui se demandent si leur bibliothèque de jeux pourrait un jour subir le même sort.

C’est précisément ce que redoute Layden : que les joueurs imaginent le pire scénario. Selon lui, cette défiance pourrait nuire à l’image de marque de Sony, indépendamment de ce que l’entreprise compte réellement faire.

Ce que cela change pour les joueurs

Pour les joueurs, notamment au Maroc où le marché de l’occasion et l’échange de jeux entre amis restent des pratiques courantes, la fin des disques pose plusieurs questions concrètes :

  • La revente : sans support physique, il n’y aurait plus de marché de l’occasion pour les nouveaux jeux PlayStation.
  • Le prêt et l’échange : passer un jeu à un proche après l’avoir terminé ne serait plus possible de la même manière.
  • La conservation : l’accès à la bibliothèque dépendrait entièrement du maintien des services de Sony.
  • La connexion : le téléchargement suppose une connexion capable d’absorber des jeux volumineux.

À l’inverse, les joueurs déjà convertis au tout-numérique ne verraient guère de différence dans leurs habitudes.

Sony multiplie les brevets en parallèle

Dans le même temps, Sony continue d’explorer de nouvelles pistes techniques. Le constructeur a déposé ce mois-ci un brevet utilisant l’intelligence artificielle pour générer des correctifs pour la PS5. Un autre brevet décrit l’intégration d’un lecteur de cartes NFC dans la manette. Comme toujours avec les brevets, rien ne garantit que ces idées se concrétisent dans des produits commercialisés.

Ce qu’il faut surveiller

L’échéance de 2028 laisse du temps, et plusieurs points méritent l’attention :

  1. La réaction officielle de Sony face aux critiques, dont celle de son ancien dirigeant.
  2. D’éventuelles garanties sur la pérennité des bibliothèques numériques, sujet sensible depuis le retrait de films achetés.
  3. La façon dont les éditeurs tiers adapteront leurs éditions, notamment collector.
  4. La position des concurrents sur le support physique dans les années à venir.

Les propos de Shawn Layden ne changeront pas forcément la trajectoire de Sony, mais ils donnent du poids à une inquiétude largement partagée par les joueurs : celle de payer pour des jeux qu’ils ne possèdent plus vraiment.

Source : IGN

⚠ Signaler une erreur

Dossier complet PlayStation : tout ce qu'on sait
Votre réaction

À lire aussi Gaming