C’est le grand saut de Nvidia dans le PC portable « tout-en-un » : les ordinateurs équipés de la puce RTX Spark peuvent désormais être commandés aux États-Unis. Comme l’a rapporté Tom’s Hardware, Asus, Microsoft, Lenovo, HP et Dell proposent déjà leurs modèles, dont le nouveau Surface Laptop Ultra. Les prix démarrent à 2 599,99 dollars et grimpent jusqu’à 6 999,99 dollars pour la configuration la plus musclée. Chez Best Buy, les livraisons sont annoncées pour le 16 octobre.
Mais avant de vous intéresser à ces machines, un détail mérite toute votre attention : le nom « RTX Spark » recouvre en réalité deux puces distinctes.
Une puce, deux versions : le piège des fiches produits
Nvidia décline RTX Spark en une version complète et une version allégée. La différence porte à la fois sur le processeur et sur la partie graphique :
| Version | CPU | GPU |
|---|---|---|
| Puce complète | Grace 20 cœurs | Blackwell 6 144 cœurs |
| Puce allégée | Grace 18 cœurs | Blackwell 5 120 cœurs |
Le problème, c’est que les fiches produits affichent simplement « RTX Spark N1X », sans préciser de quelle version il s’agit. Pour savoir ce que vous avez réellement entre les mains, il faut aller chercher le nombre de cœurs dans la description détaillée.
Une règle simple se dégage néanmoins : la quantité de mémoire unifiée trahit la puce embarquée.
- 24 et 32 Go : version allégée (18 cœurs CPU, 5 120 cœurs GPU) ;
- 48, 64 et 128 Go : version complète (20 cœurs CPU, 6 144 cœurs GPU).
HP en fournit une illustration claire : sa configuration 32 Go embarque bien un GPU de 5 120 cœurs. Concrètement, choisir une configuration d’entrée de gamme ne vous prive donc pas seulement de mémoire, mais aussi d’environ 17 % de cœurs graphiques.
Les machines disponibles et leurs prix
Les tarifs de départ relevés aux États-Unis donnent une idée assez nette du positionnement de ces machines, clairement haut de gamme :
- Asus ProArt P14 : 2 599,99 dollars ;
- Microsoft Surface Laptop Ultra : 2 599,99 dollars ;
- Asus ProArt P16 : 2 799,99 dollars ;
- Lenovo Yoga 9n 2-en-1 : 3 099,99 dollars ;
- HP OmniBook Ultra : 3 199,99 dollars ;
- Dell XPS 16 : 3 799,99 dollars.
Les configurations les plus haut de gamme
Sur son propre site, Asus affiche son ProArt P16 à 4 499,99 dollars en 64 Go, et à 6 999,99 dollars en 128 Go avec 2 To de stockage. Chez HP, les OmniBook X 14 et OmniBook Ultra 16 en 128 Go avec 1 To coûtent respectivement 5 109 et 5 309 dollars. Ces deux modèles partagent un écran OLED tactile 3K à 120 Hz et acceptent jusqu’à 2 To de stockage.
Le Surface Laptop Ultra, un 15 pouces, peut être configuré jusqu’à 128 Go, mais uniquement chez Microsoft pour le moment : les versions à forte mémoire ne semblent pas encore proposées ailleurs. Chez Best Buy, l’offre s’arrête d’ailleurs à 64 Go.
Un stockage souvent limité
Autre point à noter : la plupart des appareils plafonnent à 1 To de stockage, y compris le Surface Laptop Ultra. Les options disponibles sur l’ensemble de la gamme vont de 512 Go à 2 To, mais seuls quelques modèles, comme ceux d’Asus et de HP, montent jusqu’à 2 To. Pour un usage gaming avec des jeux qui dépassent régulièrement les 100 Go, ce plafond peut vite devenir contraignant.
Ce que cela change pour les joueurs et les créateurs
L’arrivée de RTX Spark marque l’entrée de Nvidia sur le terrain des puces intégrant à la fois processeur et carte graphique, avec une mémoire unifiée partagée entre les deux. Jusqu’ici, un PC portable gaming associait généralement un processeur Intel ou AMD à une carte graphique GeForce dédiée, chacun disposant de sa propre mémoire. Avec un pool commun pouvant atteindre 128 Go, Nvidia vise clairement aussi les créateurs et les usages liés à l’IA, ce que confirme la présence de gammes comme les ProArt d’Asus.
Pour les joueurs, l’intérêt dépendra de plusieurs facteurs encore à mesurer : les performances réelles de la partie graphique Blackwell dans les jeux, la compatibilité logicielle et l’autonomie. Les cœurs Grace reposent sur une architecture Arm, à l’image des puces serveur de Nvidia, ce qui pose la question de la prise en charge des jeux Windows conçus pour les processeurs x86. Les premiers tests indépendants seront déterminants.
Côté concurrence, ces machines arrivent alors qu’Intel et AMD continuent de faire évoluer leurs propres architectures, à l’image d’Intel Nova Lake et son cache bLLC destiné à rivaliser avec les AMD X3D.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
- Les mini-PC de bureau : d’autres appareils RTX Spark, notamment des mini-PC, doivent arriver après ce premier lancement ;
- Les premiers benchmarks : ils permettront de chiffrer l’écart réel entre version complète et version allégée, en jeu comme en création ;
- L’élargissement des configurations : les versions 128 Go du Surface Laptop Ultra pourraient être distribuées plus largement ;
- La disponibilité internationale : aucune information n’a été communiquée à ce stade sur une commercialisation hors des États-Unis, ni sur des prix en euros.
En attendant, si l’une de ces machines vous intéresse, gardez en tête la règle des 48 Go : en dessous, vous aurez la puce allégée, au-dessus, la puce complète. Et vérifiez toujours le nombre de cœurs annoncé dans la description, plutôt que de vous fier à la seule mention « RTX Spark N1X ».
Source : Tom's Hardware



