Xbox vient d’officialiser Xbox Labs, une petite équipe chargée d’explorer de nouvelles technologies pour rendre ses jeux accessibles à davantage de joueurs. Premier chantier mis en avant : faire tourner d’anciens jeux directement dans les navigateurs web. Comme le rapporte IGN, l’initiative ne se limitera pas à de la recherche : elle doit aboutir à des produits concrets destinés aux joueurs.
Ce qu’est Xbox Labs
Xbox Labs réunit un petit groupe de créateurs de jeux, d’ingénieurs et de scientifiques. L’équipe a été mise en place par un responsable prénommé Scott, dont Xbox n’a pas détaillé davantage le parcours dans les éléments rendus publics.
La PDG d’Xbox, Asha Sharma, a présenté l’initiative dans un mémo interne, publié également sur Xbox Wire. Elle y insiste sur la complémentarité avec les projets existants :
« Labs nous permet d’explorer de nouvelles technologies sans abandonner le travail déjà en cours. »
— Asha Sharma, PDG d’Xbox
L’annonce n’arrive pas de nulle part. Microsoft expérimentait déjà l’exécution de jeux Xbox et Xbox 360 dans des navigateurs. Xbox Labs vient donc formaliser ces travaux et leur donner une structure dédiée.
Le navigateur comme nouvelle plateforme de jeu
WebAssembly et WebGPU au cœur du projet
Le mémo d’Asha Sharma cite deux technologies web précises. WebAssembly permet d’exécuter dans un navigateur du code proche des performances d’un programme classique. WebGPU, de son côté, donne aux pages web un accès moderne à la carte graphique. Selon le mémo, WebGPU approche désormais 90 % de prise en charge par les navigateurs dans le monde.
Ce chiffre explique en grande partie le timing de l’annonce. Si la quasi-totalité des navigateurs peut exploiter le processeur graphique d’un appareil, la barrière technique pour lancer un jeu sans installation ni console devient beaucoup plus faible.
Une approche différente du cloud gaming
Il faut bien distinguer cette piste du jeu en streaming. Dans le cloud gaming, le jeu tourne sur un serveur distant et la vidéo est envoyée au joueur. Ici, l’idée mise en avant consiste à exécuter le jeu dans le navigateur lui-même, grâce aux technologies citées. Xbox n’a toutefois pas encore précisé quels jeux seraient concernés, ni sur quels appareils ou dans quelles conditions.
Un milliard de joueurs par jour : l’objectif affiché
Xbox Labs s’inscrit dans l’ambition fixée par Asha Sharma : atteindre un milliard de joueurs par jour. Pour illustrer le poids de ses jeux, Xbox avance que les joueurs y passent plus de 72 milliards d’heures par an, soit environ cinq fois le temps mondial estimé consacré à coder.
La PDG résume ainsi la philosophie de l’équipe :
« Nous construirons de manière transparente, apprendrons de ce que font les gens et mesurerons le succès au nombre de personnes qui jouent et créent. »
— Asha Sharma, PDG d’Xbox
Xbox prévoit aussi de partager avec l’industrie les outils développés par Xbox Labs. Une démarche qui pourrait, à terme, profiter à d’autres studios souhaitant porter leurs jeux sur le web.
Le matériel Xbox n’est pas abandonné
Chaque nouvelle initiative multiplateforme de Microsoft relance la question de l’avenir des consoles Xbox. Le constructeur prend les devants : il affirme que ses priorités restent inchangées, notamment son matériel et la protection de ses propriétés intellectuelles.
Le message compte, alors que le marché des consoles traverse une période délicate, comme en témoignent les récents chiffres de ventes aux États-Unis (Ventes de consoles : Xbox chute de 33 %, PS5 de 25 % aux USA). Xbox Labs apparaît moins comme un remplacement que comme une porte d’entrée supplémentaire vers l’écosystème.
Cette annonce intervient par ailleurs une semaine seulement après celle d’Xbox XP, une branche dédiée à l’industrie du divertissement. Deux initiatives rapprochées qui montrent une volonté d’élargir le champ d’action de la marque au-delà du seul jeu sur console.
Ce que cela peut changer pour les joueurs
Pour les joueurs, l’intérêt potentiel est clair : accéder à des jeux de l’ère Xbox ou Xbox 360 sans posséder la console d’origine, depuis un simple navigateur. Au Maroc comme ailleurs, où beaucoup de joueurs jouent sur PC portable, smartphone ou machine modeste, une telle approche pourrait abaisser le coût d’entrée pour redécouvrir le catalogue de Microsoft.
Plusieurs zones d’ombre demeurent cependant :
- La monétisation : aucun modèle économique n’a été précisé pour les futurs produits Xbox Labs. Achat, abonnement ou accès gratuit, rien n’est annoncé.
- Le catalogue : Xbox n’a pas indiqué quels titres seraient les premiers concernés.
- Le calendrier : aucune date de lancement d’un premier produit n’a été communiquée.
- Les exigences techniques : les performances réelles dans un navigateur, selon l’appareil utilisé, restent à démontrer.
Ce qu’il faudra surveiller
La promesse de livrer des produits, et pas seulement des prototypes, sera le premier test de crédibilité de Xbox Labs. Il faudra observer la nature des premières sorties, les jeux retenus et la manière dont Microsoft gérera les droits liés à ses anciennes licences. Le partage des outils avec le reste de l’industrie sera également un indicateur intéressant : s’il se concrétise, le jeu dans le navigateur pourrait dépasser le cadre du seul écosystème Xbox.
Source : IGN




